Thursday, 23 August 2012

Dans le journal aujourd'hui

KENYA
Au moins 52 morts dans des affrontements ethniques

AFP
22/08/2012 08h43

NAIROBI - Au moins 52 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, ont été massacrées à la machette ou brûlées vives dans la nuit de mardi à mercredi par des hommes armés qui ont attaqué une communauté rivale dans le sud-est du Kenya, a déclaré la police locale.

«Quatre autres personnes sont décédées (de leurs blessures), en plus des 48 qui étaient mortes sur place,» a affirmé Joseph Kitur, chef-adjoint de la police de la Province côtière où s'est produite l'attaque. Il faisait référence au précédent bilan de 48 morts fourni par les forces de l'ordre.

Il s'agit de l'attaque à caractère ethnique la plus meurtrière au Kenya depuis les violences post-électorales de fin 2007 et début 2008.

Selon M. Kitur, le raid a été mené dans le district rural de Tana River, à quelque 300 km au sud-est de la capitale Nairobi, par des hommes Pokomo contre des villageois Orma, deux communautés rivales depuis des années.

Parmi les victimes, figurent au moins 31 femmes et 11 enfants, avait indiqué plus tôt mercredi M. Kitur. «C'est un évènement terrible, 34 personnes ont été tuées à coups de machettes et 14 autres ont été brûlées vives», avait-il ajouté, précisant que des habitations avaient aussi été incendiées.

«Notre enquête montre que ce sont les Pokomo qui ont attaqué des Orma vivant sur une île», a-t-il précisé.

Mais selon un député local, Danson Mungatana, l'attaque de mardi soir était un acte de représailles.

Il y a une dizaine de jours, des Orma auraient tué trois Pokomo. Des membres de la communauté Pokomo auraient alors massacré près de 200 têtes de bétail d'Orma, qui auraient à leur tour de nouveau attaqué des villages Pokomo et brûlé plus de 100 maisons, a-t-il raconté.

Présence policière renforcée

Toujours selon le député, la présence policière a été accrue dans la région depuis les derniers affrontements.

«Les affrontements autour de questions de pâturage sont fréquentes dans cette région,» a commenté le porte-parole de la police nationale, Eric Kiraithe.

Les Pokomo sont essentiellement des agriculteurs sédentaires, installés le long de la rivière Tana. Les Orma sont eux majoritairement des éleveurs nomades.

Plus de 100 personnes avaient déjà été tuées en 2001 dans des affrontements entre ces deux communautés, liés à l'accès aux terres et à une rivière dans la même région. «Depuis, nous vivions dans une paix relative,» a affirmé M. Mungatana.

Les attaques entre communautés qui se disputent des terres de pâturage et des points d'accès à l'eau sont également fréquentes dans le nord et l'est du Kenya.

Fin 2007 et début 2008, des violences ethniques avaient déchiré le pays provoquées, elles, par la réélection contestée du président Mwai Kibaki contre Raila Odinga, devenu depuis Premier ministre, deux hommes forts de deux communautés différentes.

Plus de 1.000 personnes avaient été tuées et des centaines de milliers d'autres déplacées.




Jesus Painting Restoration Goes Wrong:
Well-Intentioned Old Lady Destroys 100 Year Old Fresco


The Inquisitr
Posted: August 22, 2012

The woman, in her 80s, completely destroyed the painting.

The BBC reports that the Jesus Christ fresco, Ecce Homo (Behold the Man) by Elias Garcia Martinez, had been in the church for over 100 years and had started to deteriorate due to moisture. The woman noticed that the painting needed a touch up so she brought her supplies to the church and started painting. Church officials didn’t realize what was happening until it was too late.

Juan Maria Ojeda, the City Councillor in charge of cultural affairs, said:

“I think she had good intentions. Next week she will meet with a repairer and explain what kind of materials she used…. If we can’t fix it, we will probably cover the wall with a photo of the painting.”

The BBC notes that the fresco wasn’t particularly valuable, but it did have plenty of sentimental value for the church.

Here’s a before and after photo of the Jesus Christ fresco.



Celebratory gunfire kills the groom at Kuwait wedding

Elizabeth Dickinson
The National

Aug 22, 2012

Kuwait City // A Kuwaiti groom was killed on his wedding day after his friend accidentally shot him.

The friend, who surrendered to police, shot Abdullah Al Khaldi, 24, inside a car that was taking the wedding party to the marriage celebration.

Mr Khaldi, who worked for the ministry of defence, died before reaching hospital.

The incident, in Al Jahra neighbourhood of Kuwait City, has reignited a debate about civilian possession of firearms, which is legal in Kuwait.

Several former opposition MPs blamed the government for Tuesday’s tragedy, saying the state had failed to crack down on arms caches held by citizens.

Dr Waleed Al Tabtabai, a former Salafist MP, called for a campaign to seize arms from civilians, similar to one that was launched the First Gulf War.

Between 1992 and 1994, the Kuwaiti government gave its security forces broad powers to enter private homes and collect weapons.

In 2007, the Small Arms Survey ranked the country 18th in the world for its high rate of civilian arms. It estimated that there were 630,000 small arms in the country, or 24.8 for every 100 citizens.
Saudi Arabia, Bahrain and Oman are also in the top 20 for civilian possession of guns.

Tuesday, 12 June 2012

Lettre au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale au sujet des orphelins de Duplessis


Envoyée le 12 juin 2012 à M. Jacques Duguay, responsable du Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis ayant fréquenté certaines institutions et à la Ministre Julie Boulet

ATTN : Jacques Duguay
Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis ayant fréquenté certaines institutionsMinistère de l’Emploi et de la Solidarité sociale
425, rue Saint-Amable, RC 175 
Québec (Québec) G1R 4Z1

De : Céline B. La Terreur
Artiste et citoyenne solidaire envers les orphelins de Duplessis
www.laterreur.com
info@laterreur.com

Montréal, le 12 juin 2012

Monsieur Duguay,

Je suis artiste  et ma pratique artistique aborde des problèmes de société. Récemment, je me suis penchée sur le cas des orphelins de Duplessis.  Je prépare présentement une exposition qui dénoncera l'inertie - persistante - des membres du gouvernement et de l'Église en ce qui concerne une réparation avec compensation digne de ce nom envers ces victimes de crimes contre l'humanité.  Pour ce faire, je fais présentement une recherche auprès de la Ville de Montréal, du centre de documentation de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine, de la Direction des poursuites criminelles et pénales, de la S.A.Q. (propriétaire du site du "Cimetière de la Soue-à-cochons"), de l'Écomusée de l'Au-delà, du curateur public et de COVA (Comité des orphelins victimes d'abus). Suite à cette recherche (toujours en cours), j’ai décidé d’agir concrètement et de joindre ma voix à celle des orphelins de Duplessis dont le destin tragique a été ruiné par les autorités gouvernementales et religieuses de l'époque.  

Je trouve scandaleux  que le gouvernement ait offert une somme dérisoire (entre 15 000$ et 25 000$ CAD) à des êtres humains qui ont été arrachés à leurs familles, privés d'éducation et forcés de vivre avec des personnes affligées de problèmes psychologiques et mentaux sévères.  Rappelons que les orphelins de Duplessis ont reçu des faux diagnostics de maladie mentale pour des raisons financières (le gouvernement provincial touchait un montant d'argent de la part du gouvernement fédéral pour chaque individu affecté de maladie mentale à l'époque) et que ces orphelins ont pour la plupart été abusés physiquement et psychologiquement, subissant quotidiennement des humiliations habituellement affligées aux prisonniers de guerre.

Je trouve scandaleux de constater que nous vivons à une époque où se casser la jambe dans un endroit public ou se brûler dans un restaurant peut permettre de poursuivre et d'obtenir des compensations allant jusqu'à 1 million CAD, et que les orphelins de Duplessis ont reçu un montant dérisoire pour avoir subi des humiliations et des violences quotidiennes pendant des années.

Je demande justice envers ces personnes, les orphelins de Duplessis, qui sont des témoins précieux de la folie que peut atteindre un corps gouvernemental et religieux dans un contexte... conservateur.

Je crois que chaque orphelin et orpheline de Duplessis est en droit d'exiger un montant substantiel en guise de compensation.  Je veux dire par là un montant variant entre 500 000$ et 1 million CAD par individu.  Un montant qui puisse permettre un certain confort, la possibilité de se loger avec un peu de luxe après ces années d'horreur que la société conservatrice de l'époque les a forcé à subir.  

Cette aide financière devrait être apportée conjointement avec l'Église catholique, dont les coffres bien garnis pourraient servir à réparer une histoire qui témoigne ironiquement de l'inverse des valeurs d'amour, de simplicité et de partage dont parle le Nouveau Testament.

Je demande également que le gouvernement provincial intervienne auprès des autorités de l'Église catholique afin que les responsables de cette institution religieuse fassent des excuses publiques et substantielles auprès des orphelins de Duplessis, pour les abus, violences et pour avoir permis ces horreurs, des années durant.  Il est urgent que cette démarche soit accomplie, et je crois qu'il est de la responsabilité du gouvernement provincial et même fédéral de faire pression à ce sujet, puisqu’à l’époque, le gouvernement et l’Église ont fait équipe dans l’écriture de cette tragédie.

Je crois également que des monuments doivent être érigés à plusieurs endroits dans la province de Québec, à la mémoire des voix qui se sont éteintes dans l'oubli,  et trop souvent dans l'horreur et la cruauté.  Ces monuments devraient être installés dans des endroits achalandés au centre-ville de Montréal et de Québec, et aussi sur les lieux où les atrocités envers les orphelins ont été commises,  notamment à l'Hôpital Louis-H. Lafontaine et à St-Michel-Archange.  

Je crois que ces trois actions, soit 1) une compensation financière digne de ce nom, 2) des excuses publiques de la part de l'Église catholique et 3) la création de monuments historiques à la mémoire des victimes de ce drame qui a dévasté des milliers de vies humaines, sont réalistes, logiques et responsables.

Je crois qu'il est de la responsabilité de chaque Québécois et chaque Québécoise de se joindre aux orphelins de Duplessis et d'exiger pour eux une digne réparation.

Toutes les recherches que j'effectue sur l'histoire des orphelins de Duplessis me mènent à un constat inquiétant : ce passé n'est pas si loin de nous.  Évitons d'oublier, et surtout, de répéter, et exigeons une compensation responsable et humaine envers ces survivants.


Monday, 12 March 2012

PAPIER 12 : Installation et performance le 14 avril 2012 de 10h à 18h

Foire Papier 2012 - Kiosque Galerie Joyce Yahouda
Guitar (S)Hero 
Présentation solo - installation - performance


Samedi le 14 avril 2012 de 10h à 18h
Céline sera présente toute la journée pour une performance en continu 


Présenté par la Galerie Joyce Yahouda
Plus d'information












Papier 12 Art Fair - Joyce Yahouda Gallery Stand

Guitar (S)Hero 
Solo Installation - Performance


Saturday, April 14, from 10 AM to 6 PM
Céline will be at the stand all day for an ongoing performance


Presented by the Joyce Yahouda Gallery

Friday, 10 February 2012

Anaïs Nin : Extraits du journal

NIN, Anaïs. (1969).  Journal (1934-1939). Édition présentée par Gunther Stulhmann.  Traduction de Marie-Claire Van Der Elst.  Revu et corrigé par l’auteur.  Paris : Le livre de poche.



Sur la femme

« Ce que j’ai à dire est tout à fait distinct de l’art et de l’artiste.  C’est la femme qui veut parler.  Et ce n’est pas seulement la femme Anaïs qui veut parler.  Je dois parler au nom d’un grand nombre de femmes.  À mesure que je me découvre, je sens que je ne suis qu’une parmi tant d’autres, un symbole.  Je commence à comprendre les femmes d’hier et d’aujourd’hui.  Celles du passé, privées de parole, qui cherchaient refuge dans des intuitions muettes, et celles d’aujourd’hui, toutes livrées à l’action, qui copient les hommes.  Et moi, entre les deux… » (citée par G.S. à la page 7)
Vous êtes la femme que je veux être.   Je vois en vous cette part de moi qui est vous.  J’éprouve de la compassion pour votre orgueil enfantin, pour votre tremblant manque de confiance, votre dramatisation des événements, votre façon d’embellir les amours qui vous sont offerts. (p. 40)

Force des femmes :

June : Henry m’aime imparfaitement, brutalement.  Il blesse mon orgueil. Il désire les femmes laides et communes, les femmes passives.  Il ne peut supporter ma force.
Nin : Je n’aime pas les hommes qui ont peur de la force des femmes. (p. 45)
June : votre force, Anaïs, est douce, directe, délicate, tendre, féminine.  Mais ce n’est pas moins de la force. (p. 45)
J’aime June pour ce qu’elle a osé être, pour sa dureté et sa cruauté impitoyables, son égoïsme, son orgueil, sa puissance destructrice.  Ma compassion me suffoque.  C’est une personnalité qui s’est développée jusqu’à la limite.  J’adore le courage de blesser qu’elle possède. (p. 46)
Psychanalyse, introspection
Le journal m’a appris que c’est dans les moments de crise émotionnelle que les êtres humains se révèlent avec la plus grande vérité.  J’ai appris à choisir ces points culminants parce que ce sont des instants de révélation. (p.12) (citée par G.S. )
Nous allons sur la lune.  Ce n’est pas très loin.  L’homme peut aller tellement plus loin en lui-même. (citée par G.S. ) p. 14
Est-ce que mon moi m’apparaît comme défini, possible à cerner ?  J’en connais les frontières.  Il y a des expériences devant lesquelles je me dérobe.  Mais ma curiosité, ma puissance créatrice m’incitent à franchir ces frontières, à transcender mon caractère.  Mon imagination me pousse vers des royaumes inconnus, inexplorés, dangeureux.  (…)  J’élargis, je développe moi moi ; il ne me plaît pas d’être une seule Anaïs, familière, finie.  Dès qu’on me définit, je fais comme June : je cherche à m’échapper de la prison de la définition.  (…) Mais je sens bien que je peux toujours revenir à ma vraie nature. (…)
Et quelle est ma vraie nature ? (…)

Vivre une vie idéale, imaginaire, romancée, fictive
« J’ai besoin de revivre ma vie dans le rêve, le rêve est ma vraie vie. » (citée par G.S. p.11 )
**
La vie de tous les jours ne m’intéresse pas.  Je recherche seulement les grands moments.  Je suis d’accord avec les surréalistes en quête du merveilleux. 
Je veux être un écrivain qui rappelle aux autres que ces moments existent  ; je veux prouver qu’il existe un espace infini, une dimension infinie.
Mais je ne suis pas toujours en « état de grâce ».  Certains jours j’ai des illuminations et de la fièvre.  D’autres jours la musique dans ma tête s’arrête.  Je raccommode alors des chaussettes, je taille des arbres, fait des conserves de fruits, je cire les meubles.  Ce faisant, j’ai l’impression de ne pas vivre. (p.18)
**
Je connais sa faiblesse.  Elle est faible devant la réalité.  Sa vie est remplie de fantaisies. (…)
La façon dont June se dérobe, se réfugie dans la fantaisie me met soudain hors de moi car c’est ma façon de faire.  Une nouvelle rage et une nouvelle force naissent de mon refus de regarder en face ses actes et ses sentiments.  Je veux la ramener de force dans la réalité (…).  Moi qui suis plongée dans les rêves, dans les actes à demi vécus, je veux lui faire violence. (…) Suis-je furieuse qu’elle se trompe elle-même comme je le fais ? (pp. 48-49)
À moi elle confiait son détachement des réalités du monde de Henry, sa complète absorption dans des fantaisies, dans des folies.  (…) June ne m’a pas entraînée dans son univers dur et violent parce que ce n’est pas le sien.  Elle est venue à moi parce qu’elle aime rêver. (…)  Mais si nous étions faites pour la réalité, l’expérience ordinaire, je ne l’aurais pas aimée.
J’ai donc davantage besoin d’illusions et de rêves que du monde animal de Henry. (…)
June n’accepte pas de présent qui n’ait une valeur symbolique. (pp. 56-57)
Son idéalisme est si exigeant.  Il m’inspire une terreur sacrée. (p. 58)

Comment Henry peut-il être exclu, lui qui a du génie ?  Que cherchons-nous ensemble, June et moi, à quoi Henry ne croit pas ?  Le merveilleux, le merveilleux, le merveilleux. (p. 58)
Au début j’ai protesté, je me suis rebellée contre la poésie.  J’allais renier mes univers poétiques.  Je faisais violence à mes illusions par l’analyse, la science et en apprenant le langage de Henry, en pénétrant dans l’univers de Henry.  Je voulais détruire par la violence et l’animalité mes illusions et mes fantaisies fragiles ainsi que mon hypersensibilité.  (pp. 58-59)
C’est en reprenant conscience que j’éprouve une peine indicible.  J’ai commencé à m’éveiller hier de mon rêve. (p. 61)
June détruit la réalité (…) ses mensonges ne sont pas des mensonges, ce sont des rôles qu’elle veut vivre jusqu’au bout.  Elle fait de plus grands efforts qu’aucun d’entre nous pour vivre ses illusions.  (…) elle désirait ne commencer nulle part, commencer sans racines, plonger dans l’invention (…) tout cela, c’est pour échapper aux cadres rigides. (p. 70)
Je l’avais regardée, avais éprouvé de la sympathie pour sa quête du merveilleux, pour son chaos que je n’avais pas cherché à organiser avec un esprit d’homme, mais que j’acceptais comme j’acceptais son courage à descendre dans l’expérience.  Elle a ce courage.  Elle a obéi à toutes ses impulsions, qui la poussaient à boire, à se droguer, à vagabonder, à être libre au prix de la pauvreté et de l’humiliation. (p. 70)

Soif d’émotions fortes, d’une vie fiévreuse
Fascination pour l’univers des sentiments

Vous vivez ainsi, à l’abri, dans un monde délicat, et vous croyez vivre.  Vous lisez alors un livre (…) et vous vous apercevez que vous ne vivez pas, que vous hibernez.  Les symptômes de l’hibernation se reconnaissent aisément : tout d’abord l’agitation.  Le deuxième symptôme (…) : absence de plaisir.  C’est tout.  Elle apparaît alors comme une maladie inoffensive.  Monotonie.  Ennui.  Mort. (…) Certains ne s’éveillent jamais. (p. 21)
**
Ainsi la délicatesse et la violence vont se rencontrer et se défier. (p. 21)
June : Henry me croit folle parce que je recherche seulement la fièvre.  Je ne veux pas d’objectivité, je ne veux pas de la distance.  Je ne veux pas devenir détachée. (p. 44)
Peut-être est-elle très sensible et les gens hypersensibles deviennent faux lorsque les autres doutent d’eux.  Ils vacillent. (p. 50)
June : J’ai fait face à mes sentiments.  J’en suis pleinement consciente.  Mais je n’ai encore jamais rencontré personne avec qui j’aurais désiré les vivre jusqu’au bout.  D’ailleurs je ne sais pas au juste ce que je veux vivre jusqu’au bout. (p. 52)
Se pouvait-il que quelqu’un fût plus sensible, plus effrayé que moi ?  Je trouvais cela incroyable. (p. 53)
Je tremblais.  J’avais conscience de mes sentiments et de nos désirs inarticulés.  Elle tenait des propos sans suite, mais je savais maintenant qu’elle parlait pour couvrir une conversation plus profonde, parlait à l’encontre de ce que nous pouvions exprimer. (p.53)
C’est tout ce que je désire, maintenant.  Une vie ardente. (p. 66)
J’ai toujours prêté à la folie une valeur poétique et sacrée, une valeur mystique.  Il me semblait que c’était un refus de la vie ordinaire, un effort pour la transcender, pour agrandir La Condition humaine et dépasser ses limites. (p. 66)
J’ai des possibilités infinies pour n’importe quelle expérience (…) j’ai le pouvoir de brûler comme une flamme, d’entrer sans crainte dans toute expérience, décadence, amoralité ou mort. (pp. 68-69)
L’idéalisme est la mort du corps et de l’imagination.  Tout, hormis la liberté, la liberté complète, est mort. (p. 69)


Soif d’émotions fortes, d’une vie fiévreuse
Fascination pour l’univers des sentiments

Passion amoureuse, état fusionnel avec l’autre
Je lui dis : « Nous nous sommes perdues toutes les deux, mais c’est lorsque l’on révèle le plus son soi véritable.  Vous avez révélé votre sensibilité inouïe.  Je suis si touchée.  Vous êtes comme moi, vous souhaitez des moments aussi parfaits et vous avez peur de les gâcher.  Nous n’étions préparées à cela ni l’une ni l’autre, et nous l’avions imaginé trop longtemps.  Soyons comblées, c’est si bon.  Je vous aime, June. » (…)
Elle refusa tout le reste, tout ce qui n’étais pas symbolique ou représentatif de moi. (…) j’étais dans une telle extase que je ne pouvais parler.  La ville disparut, les gens également.  La joie si vive de notre promenade ensemble à travers les rues grises de Paris restera toujours pour moi inoubliable, et jamais je ne pourrai la décrire.  Nous marchions au-dessus du monde, au-dessus de la réalité, dans la pure, pure extase. (pp. 55-56)
Notre rencontre nous a trop perturbées émotionnellement.  Nous avions toutes deux un moi intact que nous n’avions jamais donné. (p. 57)
June ne donnait que des promesses, de fausses promesses. (…) Nous parcourûmes les rues et toute la douceur de son sein ne put endormir la peine. (…) Une terrible inquiétude s’empara de moi.  Si je ne devais jamais revoir June s’approcher de moi !  C’était comme de mourir.  Qu’importait, après tout, ce que j’avais pensé la veille.  (…) Je n’aurais pas dû me mêler de vouloir changer sa nature.  (…) Si elle venait, jamais plus je ne mettrais en question son comportement. (pp. 64-65)

Soif d’émotions fortes, d’une vie fiévreuse
Fascination pour l’univers des sentiments
Amour entre femme et homme
Amour entre femmes
S’il y a une explication du mystère, dis-je, c’est celle-ci : l’amour entre femmes est un refuge, une fuite vers l’harmonie et le narcissisme au lieu du conflit.  Dans l’amour entre homme et femme il y a résistance et conflit.  Deux femmes ne portent pas de jugement l’une sur l’autre.  Elles forment une alliance.  C’est, en un sens, l’amour de soi-même. (p. 68)

Soif d’émotions fortes, d’une vie fiévreuse
Fascination pour l’univers des sentiments
Usage de drogue et d’alcool dans la création
June s’était abreuvée de champagne.  Je n’en ai pas besoin. Elle parlait des effets du haschisch.  « J’ai connu des états semblables, dis-je, sans haschisch. Je n’ai nul besoin de drogue.  Je porte tout cela en moi. »  Elle en fut irritée.  Elle ne comprend pas qu’étant artiste, je veuille être dans ces états d’extase ou de vision tout en conservant ma pleine conscience.  Je suis le poète, je dois voir et sentir.   Je ne veux pas être anesthésiée. La beauté (…) m’enivre, mais j’en ai conscience aussi. (pp. 61-62)


Sur les personnalités multiples, les alter ego
« Il y eut toujours en moi deux femmes,  au moins, une femme perdue et désespérée qui sentait qu’elle se noyait, une autre qui entrait dans une situation comme elle serait montée sur scène, dissimulant ses vraies émotions parce qu’elles n’étaient que faiblesse et impuissance, désespoir, pour présenter au monde un sourire, de l’ardeur, de la curiosité, de l’enthousiasme, de l’intérêt. (citée par G.S. p. 10)
J’élargis, je développe moi moi ; il ne me plaît pas d’être une seule Anaïs, familière, finie.  Dès qu’on me définit, je fais comme June : je cherche à m’échapper de la prison de la définition.  (…) Mais je sens bien que je peux toujours revenir à ma vraie nature. (…)
Et quelle est ma vraie nature ? (…)

Responsabilité d’être humain 

« Je me suis considérée personnellement responsable du sort de chaque être humain qui est venu à moi. » (citée par G.S. p.9 )
…je sais bien que les êtres humains attribuent à un objet, ou à une personne, la responsabilité d’être l’obstacle, alors que l’obstacle est en soi-même. (p. 17)
J’ai besoin de créer, je hais la cruauté. (p. 51)

Caricature, satire et haine

Je me verrai en caricature. Pourquoi ne puis-je exprimer mon moi fondamental ?  Je joue aussi des rôles.  Pourquoi m’en faire, et pourtant, je m’en fais, pour tout.  L’émotionalisme et la sensibilité sont mes sables mouvants.(…)
Il faut beaucoup de haine pour faire de la caricature et de la satire.
Je n’ai pas de haine.  J’ai de la compassion. Tout chez moi est ou bien adoration, passion, ou bien compassion, compréhension.  Je hais rarement. (…)  Je ne hais jamais suffisamment pour me moquer, faire une caricature, ou même donner une description détaillée de ce que je hais.  Je me préoccupe davantage d’aimer. (p. 27)

Sur les médias populaires et le journalisme

Je n’aime guère les films, les journaux, les reportages, la radio.  Je ne veux me trouver mêlée que lorsque c’est en train de se vivre. (p. 43)



Tuesday, 17 January 2012

Une Sainte Nativité : Projet d'exposition

Une Sainte Nativité


Cette installation est conçue pour être la dernière exposition de l’année et doit avoir lieu à compter de la mi ou de la fin novembre et doit se terminer à la fin décembre.  Il s’agit d’une version féministe de la naissance de l’enfant sauveur, en l’occurrence, Jésus.
Dans cette installation seront regroupés dessins, tableaux et décorations de Noël revisités en mode féministe.


Un sapin de Noël comme seule Céline B. La Terreur sait en faire (on peut voir son obsession pour la décoration de Noël dans la vidéo Christmas Trees for Dummies) trônera au centre de l’espace, illuminé par plus de 500 lumières blanches et décoré à première vue de façon traditionnelle, mais en l’approchant, on pourra y admirer de petites figurines de femmes aux rôles inspirants pour l’artiste (des dominatrices, des guerrières, des chasseresses, des saintes).


Autre pièce de consistance de cette œuvre : un tableau, qui sera disposé seul sur un mur, représentant la Sainte Nativité selon Céline B. La Terreur.  Dans ce tableau, tous les personnages seront féminins, à l’exception de celui du père de l’enfant, Joseph.  Dans les scènes de la Nativité traditionnelles, la Sainte Vierge (le seul personnage féminin de la Nativité) se tient agenouillée devant son enfant, les mains croisées sur le cœur, et Saint Joseph se tient debout, à ses côtés, une main déposée sur l’épaule de son épouse dans un geste protecteur.  Dans le tableau de Céline B. La Terreur, c’est Marie qui se tiendra debout en tant que pilier protecteur de la famille et son époux sera agenouillé, avec une expression d’adoration attendrie, devant l’enfant saint.  L’enfant saint, quant à lui, sera ici représenté par une fillette encore bébé complètement nue, reposant joyeusement sur un lit de paille, une auréole de lumière autour de la tête, et, tout comme son homologue Jésus, ses petites mains feront le geste de bénir le monde.  Les reines mages et la bergère seront témoins de ce moment sacré : la naissance miraculeuse d’un enfant de sexe féminin rempli de pouvoir.


Les autres  dessins et décorations/artefacts de l’installation seront des rappels et des clins d’œil à ce tableau.
L’installation sera orchestrée dans des tons de rouge, d’or, de noir et de vert, et offrira au spectateur un étonnant mélange de tradition et d’anarchie.


Cette installation met en valeur la naissance et l’importance de la vie féminine sur notre planète.  En 2012, des femmes sont encore brûlées vives par leurs maris lorsqu’ils souhaitent changer de compagne, des millions de fillettes sont jetées dans les rues en Asie, des femmes sont abandonnées par leurs époux au milieu de la brousse si elles ont été violées par des soldats, des femmes intelligentes n’ont pas le droit d’étudier ni de travailler, des femmes sont enterrées vivantes et lapidées dans plusieurs pays, des fillettes sont mutilées et violées…Toutes ces violences persistent envers les femmes parce qu’on les considère en tant qu’êtres vivants de seconde classe ; dans certains pays, elles sont d’ailleurs moins importantes que les animaux domestiques.[i]

L’installation « Une Sainte Nativité » est un hommage aux femmes, à leur beauté, à leur force et à leur présence lumineuse dans un monde où elles sont exagérément méprisées et violentées.



[i] Pour un survol international de la triste situation des femmes dans le monde actuel, consulter « Le livre noir de la condition des femmes », dirigé par la rigoureuse journaliste Christine Ockrent, avec la collaboration de 40 contributeurs.  Le lecteur pourra constater l’étendue tragique des violences subies par les femmes dans un très grand nombre de régions du monde.